Chambly après 1681 - La bataille de La Prairie, rien de si fort, ni de si vigoureux

La bataille de La Prairie, rien de si fort ni de si vigoureux au Canada (Frontenac)

 

En septembre 1690, six personnes, apparemment des soldats, sont inhumées le 4 septembre à La Prairie; Deux autres personnes, aussi décédées le 4 septembre sont inscrites le 3 décembre de la même année 1690. Ces victimes portent les noms suivants: Bourgon, Lamotte, Jean Duval, Jean Barault, Latreille, Beaulieu, Larose, Dauvergne.

 

L'année suivante, toujours à La Prairie, les registres de la paroisse affichent l'inhumation de seize personnes, sans donner ni noms, ni détails. Ces personnes anonymes seraient décédées et auraient été inhumées le 11 août 1691. Qui sont ces gens ?[2]. Benjamin Sulte suggère une réponse: Le colonel Pierre Schuyler, commandant à Albany, se plaça à la tête de quatre cents hommes tant Anglais que Sauvages et marcha sur Laprairie... M. de Callières fit camper huit cents hommes en ce lieu tandis qu'un détachement de trois cents autres Canadiens, soldats et sauvages, sous le capitaine de Valrennes, allait barrer la route dans la direction de Chambly.

 

Néanmoins, Schuyler passa inaperçu et dans la nuit du 10 août, tomba sur le camp de La Prairie fort mal gardé, y tua dix-huit Français et Canadiens, puis battit en retraite... Au retour Schuyler rencontra M. de Valrennes qui lui fit subir une défaite lui tuant quatre-vingt-dix hommes et le forçant à diparaître de la contrée. Les Français perdirent trente-sept hommes...[3]. Frontenac écrira au ministre en France: Un combat qui dura une heure et demie, et leur tua (les Anglais) plus de six vingts hommes... Depuis l'établissement de la colonie, il ne s'est rien passé au Canada d'aussi fort ni de si vigoureux; et l'on peut dire que le sieur de Valrennes a conservé la gloire des armes du roi et procuré un grand avantage au pays...

 

Parmi les sépultures de La Prairie, Sulte énumère quatre officiers français et les habitants canadiens suivants: Louis Ducharme, Nicolas Barbier, François Cibardin, Pinguet de Montigny et Jean LeBer Duchesne[4].

 

L'année 1692 vit se répéter autour de Montréal et jusqu'aux portes des Trois-Rivières les coups des Iroquois. Toute tentative de culture entraînait danger de mort. Les maisons de campagne n'étaient plus en sûreté... Deux habitants du nom de Jean Besset et Joseph Dumay furent scalpés à Saint-Lambert...[5]. On sait que Jean Besset est de Chambly.L'année 1693 fut plus tranquille.... Au temps des récoltes (1694), un fort parti iroquois descendit le Richelieu et entra dans les terres pour surprendre Boucherville, mais le capitaine de la Durantaye l'atteignit avant qu'il n'eut fait le coup et le dispersa. Il y eut deux Canadiens tués dans cette rencontre[6].

 

 

[2]PRDH, Volume 6, Sépultures de La Prairie.

[3]Sulte Benjamin, Histoire des Canadiens-français, tome 5 pages 142, 143, 144.

[4]Sulte Benjamin, Histoire des Canadiens-français, tome 5 pages 142, 143, 144.

[5]Sulte Benjamin, Histoire des Canadiens-français, tome 5 pages 142, 143, 144.

[6]Sulte Benjamin, Histoire des Canadiens-français, tome 5 pages 142, 143, 144.


 
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