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Un événement fondateur et une fête incontournable

 

Rappelons que Québec a célébré, en 2008, les 400 ans de l'arrivée de Samuel de Champlain. En 2009, Trois-Rivières a aussi rappelé la naissance (375 ans) de cette localité. Les paroisses de Notre-Dame-de-Québec (en 2014), de Saint-Joseph-de-Chambly (en 2015) et de Saint-Mathias-sur-Richelieu (en 2015) souligneront aussi des anniversaires particuliers. Montréal (son 375e) et plusieurs autres villes ont investi pour célébrer leur mémoire et leurs fondateurs: Boucherville (son 350e) et Sorel-Tracy (son 375e) en 2017.

 

La Société d'histoire de la seigneurie de Chambly soulignera, pour sa part, l'arrivée du régiment de Carignan-Salières en 1665, de même que le 350 e anniversaire de la seigneurie de Chambly. Dans ce régiment, un capitaine Jacques de Chambly, et quelques soldats de sa compagnie, construisent un fort au pied des rapides. En octobre de la même année, Henri Chastelard de Salières érigeait en bordure de la rivière Richelieu le fort Sainte-Thérèse, emplacement qui se trouve aujourd’hui sur l’actuel territoire de Carignan.

 

Déjà quelques soldats défrichent, bâtissent, se marient (1668) et s'installent autour du bassin. Un modeste établissement prend racine. Des enfants naissent (1670). Trois personnes sont inhumées en 1680. Trente bénéficiaires avaient reçu officiellement des lots à défricher en 1672-1673. De sorte qu'en 1681, un recensement identifie déjà 80 âmes, dont 47 hommes et 33 femmes de tous âges.

 

De ce régiment constitué de quelque 1300 soldats, environ 450 deviennent défricheurs et paysans, prennent terre et femme, et certains épousent des filles du Roi, multiplient les enfants, s'engagent dans le commerce et l'artisanat. Les rives du Richelieu prennent vie, des villages se créent, la nature est riche de ressources, les moissons sont abondantes. La Nouvelle-France prend son essor.

 

Commémorer, c’est labourer l’histoire ... de Chambly, de Carignan, de Richelieu, de Saint-Mathias et de la région, pour en faire surgir et mûrir les produits. C'est rafraîchir le passé. C’est dépoussiérer la mémoire. C'est rajeunir le souvenir. C’est sortir de l’hivernement. Commémorer, c'est ouvrir la vitrine des temps oubliés pour découvrir d'où nous venons. C'est rapprocher le passé et le présent. Commémorer, c'est porter le souvenir de ceux et celles qui ont émigré courageusement vers des terres inconnues, des lignées d'ancêtres qui ont trimé dur, qui ont bâti un pays et laissé des monuments.

 

Commémorer, c’est mettre l’histoire sous haute surveillance

 

Commémorer, c'est faire corps avec la devise du Québec: Je me souviens! Fêter un anniversaire, c'est souligner l'importance qu'on accorde à un fait, peut-être mineur à l'époque, mais qui s'est gonflé de chroniques, de souvenirs, de coutumes, de fêtes et de traditions. Un faible nourrisson qui a grandi, une localité témoin de nombreuses fiançailles, de joyeuses relevailles, quelque fois de semailles ou de batailles hasardeuses. Un rejeton français qui a eu besoin d’un bras armé en 1665. Commémorer, c’est dégager un discours commun des origines, destiné à souder une communauté locale. De sorte qu'on peut aujourd'hui faire nôtre la devise qu’un ancien curé de Chambly, Pierre-Marie Mignault, avait inscrit en latin sur le fronton de son collège en 1826: «Flumina Saepe Videt Parvis e Fontibus Orta». On voit souvent des fleuves jaillir d'une modeste source.

 

La Société d'histoire de la seigneurie de Chambly souhaite à tous les habitants autour du bassin de joyeuses commémorations, avec l'espoir que nos héritiers se rappelleront de nous lors du 400e anniversaire de la seigneurie de Chambly, en 2065.

 

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