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On organise dans le nouvel hôtel de ville (1912) une réception à l’occasion du départ d’un jeune homme de Chambly pour son enrôlement dans l’armée américaine, N. G. A. Pouliot. Oui, l’armée des U.S. A. Et surtout on tient à rendre publique cette affaire. Il faut remarquer que les personnes présentes sont des notables locaux, la plupart membres du parti conservateur, dont le maire Guillaume-Narcisse Ducharme. À cette date les Conservateur d’Ottawa viennent de décréter l’enrôlement obligatoire des jeunes de 20 à 34 ans.


Il s’agit probablement d’un fils de Léon Pouliot, marchand installé à Chambly avant 1909, un frère (?) d’Eugène Pouliot, activement engagé dans les loisirs de Chambly. Lisons ce que rapporte le correspondant de La Presse:

«Une joyeuse fête a eu lieu samedi soir en la salle de l’hôtel de ville de Chambly-Bassin en l’honneur de M. N. G. A. Pouliot pour prendre sa place dans l’armée américaine, sa patrie. Une adresse fut lue par le docteur Desrochers et une bourse bien remplie fut offerte au héros. M. Pouliot répondit en termes émus et sincères aux souhaits de ses amis leur disant au revoir mais non adieu. Des discours furent prononcés par M. le maire Ducharme, M. Hortensius Béïque, le docteur Martel, le notaire Manseau, C. Lebourhiste, et Roméo Perrault.»


«Parmi ceux qui participaient à la fête, on remarquait: M. le maire Ducharme, L. Pouliot, P. Larivière, le docteur Joseph Martel, Alexandre, George et Oscar Ducharme, Avila et Armand Gravel, E. Pouliot, C. Larivée, D. Lajeunesse, A. Brien, L. A. L’Heureux, Charles Fortier, I. Huot, A. Dulude, A. Lareau, E. Riendeau, A. Dupuis, P. Perrault, E. Bouthillier. P. Ostiguy, R. Pepin, A. Depelteau, D. Brodeur, Jos Léveillé, A. Laguë, R. Raymond, F. Ouimet, J. Boulé, E. Lareau... et plusieurs autres.»


«M. Pouliot est un des fondateurs et secrétaire de la société d’horticulture de Chambly-Bassin depuis trois ans et en était un des plus zélés officiers. Nous regretterons beaucoup son absence.»

Nous recherchons aussi l’usage qui a été fait de la caserne désaffectée de soldats, aujourd‘hui (en partie) au 10, rue de Richelieu. L’historien Armand Auclaire affirme que cet édifice a servi durant la Grande Guerre à «fabriquer des selles pour la cavalerie de l’armée et des plombs de balles à carabines». Or, il semble que «ceux qui participaient à la fabrication des munitions étaient déclarés indispensables, donc exemptés de la conscription» (La Presse, 11 janvier 1918). Combien et qui a pu bénéficier de l’enrôlement forcé à Chambly?

Paul-Henri Hudon


Sources:
La Presse, 4 mars 1918.
Armand Auclaire, Les cahiers de la seigneurie, vol 3, mars 1981, page 26.


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